Hier, j'ai pas pu dormir. Surexcitée, comme jamais. Ras-le-bol, comme jamais.
De ne pas sortir, de vivre enfermée sous le joug de mon père, sa névrose obsessionnelle du rangement et du temps perdu, son autorité hitlérienne, sa connerie.De ne pas avoir de vie sociale à cause de lui. De ne pas vivre mes 17 ans comme il se doit. De ne pas me plier à la seule condition qu'il impose si je veux sortir en boîte "je viens te chercher à minuit, une heure au plus tard." Quel con.
Qu'il me crève. Qu'il m'enferme dans son style de vie, bordélique et stressé. Qu'il ne tolère pas que je lui passe entre les doigts en écoutant mon mp3 plutôt que de lui raconter bien sagement ma petite journée...
D'être au-delà d'un seuil de fatigue jamais atteint. Fatigue émotionnelle, surtout.
De ne pas assurer devant elle. Elle me manque. Mais elle est peut-être trop bien pour moi, justement. Je la mérite pas, c'est tout.
D'avoir le coeur déchiré d'un sentiment qu'il ne peut plus contenir, depuis un an bientôt. Bon, d'accord, c'est rien. Mais c'est toujours dur à vivre.
Etre constamment sur ses gardes, rien que pour l'apercevoir, une fois, dans la journée, et ça suffirait, ce serait le plus beau moment de la journée !.. Et puis comme une conne, détourner le regard quand enfin il est là. Je pourrais même aller lui dire bonjour, sans problème, tenter de me mettre sur son chemin, mais la timidité et surtout le manque d'assurance reprennent toujours le dessus, et commandent à mon cerveau embrumé de fuir. Fuir la difficulté ? Fuir la peur de trouver dans ses yeux une once d'indifférence ? Je ne sais même plus.
Le voir, lui sourire, le frôler, sans jamais pouvoir aller plus loin, sans jamais pouvoir lui faire comprendre que j'en peux plus. Sans jamais pouvoir lui annoncer je t'aime ; mots qui, de ma part, n'ont jamais été adressés au sexe opposé, d'ailleurs. Aucun intérêt jamais porté à la miss. Ca fait déjà quelques temps que j'ai renonçé de chercher à comprendre pourquoi. La quête de l'inexplicable, ce n'est pas pour moi. Ou plus.
De les voir, toutes, avec leurs histoires de coeur, à se plaindre à qui mieux mieux, à dire qu'être célib c'est le pied, avec au fond la jouissance hypocrite de savoir qu'elle font mal aux gens dans ce cas qui les écoutent.
De croire à l'impossible, avec, côté coeur, le goût amer du savoir : je sais que non, jamais, ce ne sera pour moi. Et encore moins lui.
De me savoir à J-1.